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L'Histoire
de la Passementerie
La passementerie
est un métier et un art qui remonte à la plus haute antiquité.
Depuis que l'homme a eu l'idée de nouer, de tresser ou de tisser
des fils sans but utilitaire, il a fait de la passementerie sans le
savoir.
On découvre
un peu partout dans le monde des vestiges de la passementerie : temples
Incas, tombeaux des Pharaons, temples Chinois, habitations Grecques
Au cours des siècles, elle a évolué. Les documents
en parfait état de conservation y faisant référence
remonte à la Renaissance. Son apogée en terme de qualité
se situe sous Louis XV et Louis XVI.
Les
textiles employés à cette époque étaient
essentiellement la soie, les âmes de lin, parfois les fils d'or
et argent. L' Empire, plus dépouillé dans son style a
connu une grande vogue pour la passementerie, laquelle sera ensuite
surchargée durant l'époque de Louis-Philippe et de Napoléon
III. Le raffinement du petit détail a fait place à une
passementerie très chargée et importante en proportion.
On en mit partout, de toutes sortes, exécuté à
la main ou à la machine presque essentiellement en soie. Actuellement,
la plus grande production de passementerie en soie sert pour reproduction
et la restauration d'objets anciens.
La passementerie est la complice constante des métiers de l'ameublement
et de ceux de la mode, par le passé elle fut indispensable au
prestige des carrosses, des harnais, des uniformes militaires, des ornements
sacerdotaux
La fabrication de passementerie est extrêmement variée
: du plus petit galon de finition de tenture murale aux larges galons
à dessins de tous styles pour les rideaux, du cache-clous des
sièges en galon à la crête en guipure exécutée
mécaniquement ou à la main, de l'effilé bordant
les rideaux et voilages aux prestigieuses franges à mèches
ou à jamains ; sans oublier bien sûr les embrases pour
relever les rideaux, qu'elles soient câblées ou à
gland, voire même en tulipes, pour suspendre les lustres et décorer
les rampes d'escalier.
Négligée au début du style Design, elle s'est rapidement
adaptée aux exigences du style contemporain et, si elle ne surcharge
plus les décors comme jadis, elle reste le complément
indispensable à une parfaite finition, tour à tour complice,
discrète ou malicieuse, apportant par sa forme et sa couleur
l'élément indispensable à une réalisation
personnalisée.
En Corée,
la passementerie ornementale a été l'un des éléments
indispensables de la vie quotidienne jusqu'à notre époque.
Son nom en Coréen est maedup. C'est une composition de nuds
artistiques faits le plus souvent avec des cordonnets de soie. Sa fabrication
date de toujours. Il semble que cet art vint de Chine où il servait
à représenter des chiffres ou des caractères.
A l'époque des Trois Royaumes, on trouve beaucoup de fresques
dans des tombeaux du royaume Koguryö (37 av. J.C. - -688 ap. J.C.),
à Anak dans la province de Hwanghae, en Corée du Nord,
des traces de cordons sur les ornements de ceintures ou les attaches
de coiffure de cérémonie, de drapeaux, de tapisseries
Il est facile d'observer des traces de la technique de fabrication des
cordons dans les ornements des couronnes d'or des royaumes Paekche (18
av. J.C. - 660 ap. J.C.) et Shilla (57 av. J.C - 667 AP. J.C.). Il a
été découvert au Japon, une ceinture de poitrine
appelée shiragigumi (en Coréen shillajo) et une machine
à corder appelée koraiuchi (Koryôt'a en Coréen),
ce qui prouve que l'art du maedup était passé de Corée
au Japon.
A l'époque Koryô (668-1392), les maedups sont mentionnés
dans le Sônhiva Pongsa Koryô Togyông écrit
par un chinois Xu Jing avec des illustrations. Il décrit ce qu'il
a vu durant son voyage en Corée (XII ème siècle).
On distingue cet art des nuds sur des peintures bouddhiques de
l'époque. Un des exemples les plus marquants est la représentation
du " Willow Kwanyin ", c'est à dire du Bouddha de la
pitié tenant une branche de saule. Ce moine écrivit également
: " les aristocrates Koryô portent des ceintures indigo et
des sachets de parfum en soie. Le nombre de sachets indique le degré
de noblesse du propriétaire ". Dans la période Chosôn
(1302-1910), la passementerie devint encore plus populaire. Elle était
largement employée comme ornement avec des bourses, des éventails,
des instruments de musique, des kakemonos
Ces maedups sont de
formes diverses. Les couleurs fondamentales sont le rouge, le bleu et
le jaune, s'y ajoute le rose, le vert clair, le violet pâle et
foncé et la couleur jade.
La technique de fabrication consiste à lisser et à teindre
des fils de soie, à tordre des cordelettes avec ces fils et à
faire des nuds. Elle est assez complexe et demande une grande
dextérité. Selon le Taejon hoetong, compilateur du code
administratif de la période Chosôn, les artisans appartenant
aux ateliers de Séoul, sis près de la porte Shigumun,
étaient spécialisés dans la fabrication du fil,
d'autres teignaient en rouge et en bleu et d'autres confectionnaient
les maedups.
De nos jours, les maedups ornent le costume traditionnel de la femme
coréenne et servent à la décoration. Au Japon,
la passementerie naquit au VII ème siècle dans la ville
de Nara, alors Capitale. Elle suivit les règles des costumes
officiels de l'empire de Chine. Au XVII et XVIII ème siècles,
Kyoto la capitale, devint le principale centre de production. Le développement
et la magnificence de ce " hobby " favorisèrent son
expansion.
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