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L'Histoire de la Soie

La tradition de la soie puise ses sources dans le livre des Odes de Confucius. Cette tradition veut que, vers l'an 2700 avant J.C., la princesse chinoise Xi Ling Shi, épouse de l'empereur Haong Ti, ait dévidé la première ce précieux fil d'un cocon sauvage tombé d'un mûrier. En effet, l'empereur excédé de voir abîmés les mûriers de ses jardins, avait demandé à son épouse d'en trouver la cause. L'impératrice découvrit que les petits vers blancs mangeaient les feuilles de mûriers et filaient de brillants cocons. En jouant avec l'un d'eux, tombé par hasard dans l'eau chaude, elle sortit un fil délicat. Très vite elle s'aperçut que ce fragile filament pouvait être dévidé et assemblé. Elle avait découvert la soie. L'impératrice convainquit son royal époux de lui offrir un verger de mûriers pour élever des vers à soie. La soie fut si prisée qu'elle servit très rapidement de moyen d'échange ou de récompense. Au cours d'une inspection dans le nord de la Chine, en 110 avant J.C., l'empereur Wu Di, de la dynastie des Han de l'Ouest, distribua à ses fonctionnaires plus d'un million de pièces de tissus de soie.
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Sous certaines dynasties, les paysans furent contraints à cultiver une partie de leurs terres en mûriers et à payer les taxes en pièces de soie. La soie était réservée à l'usage de la cour pour confectionner vêtements, parasols et étendards, ou pour offrir. Des fonctionnaires étaient chargés de la surveillance de la production et de son utilisation. Le directeur de la soie était chargé de contrôler les soies en fil à leur arrivée. Il distinguait chaque espèce et en fixait le prix. Il était aussi chargé du stockage jusqu'à la saison propre au travail de la soie. Il fournissait les ouvrières des ateliers impériaux et privés en fils à broder et tisser, avec une marge de 10% pour les pertes. Il sélectionnait les étoffes les plus parfaites pour l'usage et les cadeaux de l'empereur et enregistrait leur quantité et leur qualité en attendant les ordres de livraison des officiers supérieurs

Pendant trente siècles, les Chinois " domestiquèrent le ver à soie, ils conservèrent farouchement leur secret et le monopole lucratif de la production et du commerce de la soie. Les décrets impériaux punissaient de mort quiconque essayait de transgresser le secret.

Dés l'antiquité, les Chinois exportèrent la soie, par terre et par mer. Ces routes ont une histoire ancienne toutes aussi merveilleuse que la vie du ver à soie.Un siècle avant la naissance du Christ, un jeune et audacieux chinois du nom de Chang Ch'ien fut chargé d'une mission secrète et traversa la Chine jusqu'aux régions alors lointaines et mystérieuses de l'Ouest. Ce fut l'un des plus importants voyages de l'histoire car il donna naissance à la Route de la Soie, appellation récente de l'une des plus anciennes et importantes artères du monde, donnée au siècle dernier par un allemand, le baron Ferdinand Von Richtofen. La soie fut acheminée par cette route, de la Chine vers le Moyen Orient et l'Occident par voie maritime et terrestre.
Les_Routes_de_la_Soie La route terrestre de la soie partait de Ch'Ang-An aujourd'hui Xi'An, province de Chensi (centre de la Chine), obliquait au Nord-Ouest pour atteindre l'oasis de Touen-Houang. Après avoir quitté cet oasis et traversé la fameuse porte de Jade, elle se divisait en deux itinéraires qui longeait le désert de Taklamakan et passaient par les villes de Toufan, Karashar, Aksor, Toumchong et Kasghar. La piste septentrionale passait entre la barrière nord du Tibet et le bord du désert, suivant les oasis de Miran, Endere, Niya, Keriya, Khotan et Yarkand, obliquant alors vers le nord à l'extrémité du Taklamakan pour rejoindre l'autre piste. De là, la route de la soie se poursuivait vers l'ouest par le Haut Pamir, pénétrant dans ce qui est de nos jours l'Asie centrale russe et continuant en direction de Khokand, Samarkhand, Bouhara, Merv. Puis elle traversait la Perse, l'Iraq jusqu'à Istanbul d'où les bateaux transportant les soies jusqu'à Athènes, Chypre, Alexandrie, Venise, Gênes, Rome, Marseille…

Le précieux fil et les merveilleux tissus attirèrent les convoitises et leur secret de fabrication finit par être connu. Une légende chinoise raconte qu'une princesse épousant un prince du Khotan apprit de celui-ci qu'il n'y avait pas de vers à soie dans son pays. Ne pouvant renoncer à ses habits de soie, la princesse décida de frauder les édits impériaux. Elle cacha, le jour de son départ, des œufs de bombyx et des graines de mûriers dans sa coiffure. Les gardes-frontières n'osèrent pas la fouiller. Les œufs éclorent, les graines germèrent et donnèrent naissance à une industrie de la soie dans ce pays. La princesse apprît aux femmes du Khotan les secrets de l'élevage et de la fabrication du fil et des étoffes et c'est ainsi que le ver à soie partit de ce pays à la conquête d'autres contrées.

 

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