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L'Histoire de la Tapisserie Dans le tissage
de la tapisserie, on distinguera le tissage sur métier de haute
lisse (Gobelins) et celui sur métier de basse lisse (Aubusson
et Beauvais). Une troisième sorte est la tapisserie à
l'aiguille. Signalons
les tapisseries chinoises (K'o-sseu) et japonaises (Tsuzure) entièrement
tissées en soie. Leur finesse est bien supérieure à
celle de nos tapisseries européennes. La pièce reçoit
bien souvent après tissage des touches de peinture. Parmi les
plus belles pièces de K'o-sseu nommons celles du temple de Taimadera
près de Nara au Japon. Elles mesurent quatre mètres carrés
d'un seul jet. Son sujet est tiré du récit de Shan Too
(631-681), prêtre de l'époque Tang. Dans les environs de
l'an mille, le plus important centre de tissage était à
Ting Tchéou (Hopei). On dit qu'un de ses grands maîtres
Teou K'o Jeou manipulait les fils de soie avec une habileté comparable
à celle des grands peintres avec leur pinceau. En Europe,
il faut attendre le début de la Renaissance pour que la tapisserie
(et ses reproductions de tableaux et de rétables) se remarque
par la beauté de son exécution et la richesse de son tissage
en soie et en or. Quelques exemples sortis des ateliers de Bruxelles
ou des bords de Loire : Glorification du Christ (Washington), Glorification
de Charles VIII (Metropolitan Museum), l'histoire de David et Bethsabée
(345 m2) se trouvant au château d'Ecouen. La soie sera
plus couramment employée à partir du XVIII ème
siècle en France avec la création en 1682 des Gobelins,
en 1684 de Beauvais succédant aux ateliers de la Trinité
(sous Henri III), du faubourg Saint Marcel (sous Henri IV) et du faubourg
Saint Germain (sous Louis XIII). Outre ces deux grandes manufactures, des ateliers secondaires tisseront des tapisseries en soie : l'Atelier Lorrain avec la bataille de Kalenberg et le dégagement de Vienne dues à Josse Baco pour S.A.R l'archiduc Rodolphe de Lorraine (Hasbourg) ; l'Atelier de Felletin où Louis XV installera des filatures de soie qui ne résisteront pas à la Révolution. Hors de France, les ateliers de Portlake en Angleterre, de Munich et de Wurzbourg en Allemagne et d'Italie tisseront des tapisseries en soie pour des personnages importants. Les XIX
et XX ème siècles seront des siècles de décadence
et la soie ne sera utilisée qu'exceptionnellement : Séléné
de Jules Marchand (1877), les poèmes d'Apollon de Pierre Victor
Galland (1886-1889), les quatre saisons de Jules Cheret (1910-1911).
A notre époque, malgré le renouveau de la tapisserie,
une seule tapisserie sera tissée aux Gobelins en soie. Il existe une autre tapisserie moins cotée mais tout aussi belle : la tapisserie à l'aiguille ou tapisserie aux points. C'est une technique très ancienne de broderie. L'inventaire du butin du pillage du palais de Khosrô II, roi des Sassanides par l'empereur byzantin Héraclius fait état de tapis brodés à l'aiguille. Cette technique
exécutée avec des fils colorés passés à
l'aiguille sur un canevas. Certains des ces canevas peuvent être
tramés ou rapportés. On dénombre plus d'une trentaine
de points (point de croix, demi point, point d'Aubusson, point Gobelins,
point de France, point de riz
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