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L'Histoire
du Tapis
Les croisés européens et les marchands du Moyen Age ont
rapporté de leurs expéditions des soies précieuses
d'origine islamo-asiatique pour les offrir aux églises chrétiennes
comme, par exemple, le Suaire de Saint Josse qui avait été
fabriqué pour un gouverneur turc d'Iran oriental, mort en 961
et qui fut transformé en suaire pour des reliques de l'abbaye
de Saint-Josse-sur-Mer, dans le Pas-de-Calais. Son donateur Etienne
de Blois a sans doute été séduit par le tissage
admirable de cette étoffe, faite de soies polychromes sur fond
rouge et par sa composition d'éléphants et de dragons,
cantonnés au-dessus et au-dessous par des bandeaux, l'ensemble
étant encadré par une bordure de chameaux Bactriens.
Le
tapis est un des éléments les plus traditionnels du décor
d'Orient. Il est vraisemblablement aussi ancien que la civilisation.
Au début simple natte de paille, il s'harmonisa et se colora
avec l'utilisation de la laine. L'un des plus vieux tapis datant du
V ème siècle avant J.C. a été retrouvé
dans l'Altaï sibérien.
Les tapis d'Orient viennent de toute l'Asie : Turquie, Caucase, Perse,
Turkestan jusqu'à la Chine. Il y a peu de tapis fabriqués
en Occident. L'une des plus fameuses fabriques est en France la Savonnerie.
C'est particulièrement au XV et XVI ème siècles
que l'art du tapis à point noué est en plein épanouissement,
tombant en décadence au XVIII ème siècle. C'est
aux XVI et XVII ème siècles qu'il atteindra son apogée
en Iran, tant du point de vue artistique que par la virtuosité
de sa technique. Le principal artisan de ce développement fut
le monarque Safavide Shah Abbas (1588-1629) qui fonda les fabriques
royales à Kacham, Kerman et Ispahan.
Le
tapis classique de cette période est généralement
fait de minuscules nuds en laine et en soie.
Les tapis sont tissés sur des métiers verticaux ou horizontaux.
Pour les métiers dont la chaîne est verticale, il existe
des variantes qui tiennent compte de la longueur du tapis. Ce peut être
une sorte de cadre fixe servant à tendre la chaîne devant
laquelle se trouvent, à même le sol, les places assises
pour les ouvriers. A mesure que le travail avance, le siège s'élève.
La soie est employée en chaîne en raison de sa solidité,
mais aussi en trame pour sa brillance. Le montage des fils de chaîne
se fait en fonction de la finesse désirée du tapis. Les
nuds qui forment le velours s'entortillent généralement
au tour d'une paire de fils de chaîne, il s'agit de tapis turc,
de telle sorte que les deux fils s'embrassent par le dessus et que la
touffe de fibres surgisse entre les deux. Pour le nud persan,
le premier fil est entouré, le second enlacé de sorte
qu'après chaque fil de chaîne surgisse une touffe de fibres.
Après chaque nud, on égalise superficiellement.
Dans le tapis tissé, les fils qui forment les dessins sont tissés
dans la chaîne uniquement dans la partie marquée par les
couleurs du dessin.
Les dessins varient suivant les origines du tapis. D'une façon
constante, on trouvera des fleurs plus ou moins stylisées (tulipes,
jacinthes
) dans les tapis turcs, des dessins géométriques
dans les tapis du Caucase.
Dans
les tapis persans, deux styles sont présents, l'un à lignes
droites et l'autre à ligne courbes où les dessins sont
très riches. Les tapis chinois sont eux surtout employés
comme tenture murale. Dans la majorité des cas, les couleurs
des tapis sont dans les gammes de rouge, de bleu et d'ivoire.
Le tapis est très souvent fabriqué en laine. Parmi ceux
faits en soie on peut citer les tapis Gherdes en Turquie, les tapis
Kachan, de Qom et d'Ispahan en Iran ainsi que les tapis chinois.
En dehors des tapis noués, il existe des tapis tissés.
Les Kilims ou Kelims appartiennent à cette catégorie.
Ils ont une surface lisse et sont travaillés avec beaucoup de
soin des deux cotés. Ils sont parfois tissés en fils de
soie et de métal. Le Soumak est aussi un tapis tissé.
Sa technique s'apparente à la tapisserie, le fil de trame n'étant
pas ramené autour du fil de chaîne comme dans le tissage
mais arraché.
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