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I/ LA FILATURE


1) La filature de la soie grège.

Pour que les cocons soient dévidables, il est nécessaire qu'ils soient intacts. Ils sont récoltés avant que la chrysalide ne devienne papillon. Les cocons sont placés dans des appareils appelés étouffoirs séchoirs dans lesquels la chrysalide est étouffée à l'air chaud. Il faut compter approximativement 6 kilos de cocons pour un kilogrammes de soie grège. Dans les temps anciens, on utilisait une bassine à 6 ou 8 bouts ou bassines à bouts multiples, dans laquelle l'eau était portée à 85 - 90° afin de ramollir le grès des couches externes. L'ouvrière surveillait la formation du fil de soie de quatre, cinq ou six bouts suivant la grosseur. Elle devait pourvoir avec son " jette-bout " au remplacement du cocon dû à son épuisement ou à une casse. Seule la vigilence et l'habileté de l'ouvrière faisait la régularité du fil. Les Japonais ont résolu le problème de la filature de la soie en inventant une machine automatique qui permet un contrôle constant du titre de la soie dévidée. Un mécanisme spécial monté à l'extrémité de la machine assure une détection automatique de l'extrémité de la bave. Les opérations successives après la cuisson sont le battage qui permet de désagréger la bourre des couches externes faites de brins plus ou moins rompus puis le purgeage par lequel la bourre est éliminée et l'extrémité du fil dégagée. Les baves sont ensuite réunies suivant le titre désiré en 4, 5, 6, 7 bouts. Le fil ainsi formé, reçoit une légère torsion qui facilite l'agrégation des baves et va ensuite s'enrouler sur un dévidoir qui assure une présentation en grosses flottes (écheveaux).


le_battage
la_bassine_de_filature

2) La filature de la schappe

La filature de la schappe s'effectuait auparavant à la main avec un rouet à pédales. L'invention du métier à filer, le fleuret, a été précédée par la création et le développement de la machine à filer le coton, à peu près achevée dans ses grandes lignes en 1790. Le procédé du filage de la schappe est assez long et compliqué mais ne diffère pas pour la filature mécanique de ce qu'il était autrefois pour la filature à la main. Les matières non utilisées (cocons percés, bourres arrachées au purgeage, frisons, …) dans la filature de la soie à partir des cocons seins sont utilisés dans la filature mécanique.

Ils subissent les opérations suivantes :

  • La macération ou cuisson des déchets de soie.
  • Le lavage et le séchage.
  • L'ouvraison
  • La préparation de la barbe à la mise en pointe pour la peigneuse.
  • Le peignage.
  • L'étalage.
  • L'étirage et le doublage.
  • La mise en mèche sur bancs à broches.
  • Le filage.
Puis pour certaines utilisations, les opérations suivantes sont nécessaires :
  • Le cannetage
  • Le retordage.
  • Le gazage.
  • Le dévidage …

La fermentation, macération ou décreusage tend à détruire la gomme ou séricine enveloppant le fil. La matière est mise dans des paniers à l'intérieur de cuves chauffées à l'eau et à la vapeur. Après une période de deux à six jours, la masse suffisamment décomposée ayant encore une température de 45 à 50° passe dans la machine à eau chaude puis dans une machine à eau froide afin d'être parfaitement lavée. Cette opération terminée la soie est séchée, puis plongée dans une solution diluée de savon de Marseille puis de nouveau séchée.

Cette technique de macération est remplacée de nos jours par le décreusage. Les déchets ainsi traités sont passés dans une machine à ouvrir les cocons appelée nappeuse ou carde. La matière est ainsi mise en nappe. Cette nappe est ensuite peignée : opération capitale qui permet d'éliminer les impuretés et les fibres courtes afin de ne conserver que les plus longues. Les déchets issus du peignage sont appelés " blousse " et sont utilisés ensuite dans la filature de la bourrette.

L'étirage et le doublage permettent la parallélisation et la régularisation des fibres. L'étirage transforme la mèche en une autre plus fine et d'une plus grande longueur. Ce ruban est composé de fibres n'ayant entre elles d'autres adhérences que celles provenant de leur torsion naturelle. Une légère torsion est ensuite donnée une première fois par le banc à broches qui donne la mèche. Cette mèche ira ensuite sur un continu à filer qui lui donnera une épaisseur, une grosseur déterminée ainsi que la torsion nécessaire afin obtenir la résistance et l'élasticité voulues. Le fil, ainsi conçu, sera reçu sur cônes de filature. Suivant sa destination finale, le fil ira soit au tissage, soit au moulinage, soit à la teinture après avoir été mis en écheveaux.


le_moulinage
le_moulinage

II/ LE MOULINAGE RETORDAGE


Cette opération consiste à assembler plusieurs fils en leur donnant une torsion, une grosseur, un aspect et un toucher spécifique en fonction de leur utilisation future. La torsion S est une torsion qui va de droite à gauche et la torsion Z de gauche à droite. Ainsi on distingue :

  • La trame qui est constituée de plusieurs fils de soie grège tordus dans le même sens, généralement de gauche à droite (100 à 150 tours/mètre).
  • L'organsin qui est constitué de deux ou trois fils retordus en sens inverse l'un de l'autre. La première torsion sera de 550 à 700 tours S et la seconde de 475 à 600 tours Z.
  • Le crêpe, assemblage de plusieurs fils simples ayant reçu une forte torsion entre 2000 et 3500 tours/mètre
  • L'ovalée composé de 2 à 16 brins ou plus de soie grège faiblement moulinés de 60 à 80 tours/mètre.
  • La grenadine, organsin double ou multiple mouliné à très forte torsion.
  • Le cordonnet composé de trois brins de plusieurs fils de soie grège ou de schappe retordus en sens contraire.
  • Le mouliné composé de plusieurs fils de soie grège ou de schappe assemblé en sens contraire à moyenne torsion.
le_devidage

 

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